Musicologie Médiévale

Resources for medieval musicology and liturgy

Bonjour à tous

Ma question porte sur la présence du Si bémol dans les pièces grégoriennes. Je pensais qu'il était réservé aux mélodies en mode de Do (je vais parler ici des modes utilisées dans la musique modale et non des modes grégoriens) pour éviter la sensible au demi-ton "Si-Do".

Je me suis donc apperçu que beaucoup de pièces en mode de Fa avaient ce Si bémol, comme par exemple le ton simple de l'Ave Régina Caelorum.
Ma question est d'une part:
- Pourquoi ce Sib
- peut-on en déduire que la gamme tonale de Fa Majeur (qui comporte ce Sib) est issue de ce mode grégorien ?

D'avance merci pour votre éclairage sur ce point

En pièce jointe l'Ave Regina Caelorum (5ème ou 6ème mode du coup?) avec donc le Sib

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mon antipathie envers les finales vient du fait qu'elles n'étaient pas décisives pour déterminer le mode. Il y a pas mal de pièces, par exemple, qui terminent sur sol ou si et qui appartiennent au troisième mode (mi authente).

Quant aux clés, elles ne sont que les lettres associées à chacune des positions sur le monocorde. Elles ont toutes servi comme clés. Il y a des manuscrits (par exemple à Klosterneuburg) avec une clé par ligne (D-F-a-c-e...). En ce sens, le bémol est aussi une clé, une clé de B qui peut être ronde ou anguleuse (molle ou carrée, bémol ou bécarre, dont le dièse est un dérivé).

Les clés privilégiées ont été les clés de C F et B, car elles indiquent la place du demi-ton et sont donc plus utiles. La notation moderne a gardé la clé de G (qui était rare au moyen-âge), C F et, en un certain sens, aussi B. La clé d'Ut (C) est restée d'usage courant pour certains instruments (alto, violoncelle, trombone...) et, pour les voix, jusqu'à la fin du XIXe siècle. Verdi se sert encore des clés dites vocales pour différencier les diverses voix.

Louis-Marie Salaün said:

Merci Ricossa pour ces informations. Oui je sais que lorsqu'on évoque le chant grégorien on ne parle pas de mode en fonction de la finale (Mode de Do, de Ré etc...) mais de 1er, 2eme, 8eme mode etc... J'ai opté pour ce language car je fait la comparaison avec les musiques modales profanes dont on trouve le mode en se basant sur la finale.

J'ai "transposé" les appelations profanes sur les pièces grégorienne mais de fait l'analyse n'est pas la même.

A ce propos, je me suis toujours demandé pourquoi dans le chant grégorien on n'utilise que la clé de Do et de Fa?

Pourquoi ne pas en utiliser qu'une et pourquoi la musique savante n'a pas gardé la clé de Do et utilise la clé de Sol?

En fait oui c'est tout bête, à la lumière de vos réponses et de ce que j'ai lu un peu plus tard je comprend la présence du Sib dans le 5ème mode pour éviter le triton et dans le 6ème mode pour éviter le demi-ton (la sensible) Si-Do

au fait, le triton n'était pas toujours à éviter. Hucbald le mentionne parmi les autres intervalles, en donnant deux exemples tirés du répertoire (exemples qui ont été "corrigés" dans la plupart des témoins sur lignes, surtout dans les éditions modernes, y compris les meilleures). Le triton mélodique avait droit de cité, bien que rare. Dans la polyphonie, il devient même nécessaire, afin de préserver certaines consonances.

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