Musicologie Médiévale

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Le manuscrit IV.G.68 de la Biblioteca Nazionale Vittorio Emanuele III de Naples est très certainement l'une des plus anciennes sources musicales de St Gall. Ce manuscrit de la fin du IXème siècle est connu pour ces très nombreux vers neumés du De Consolatione Philosophiae de Boèce.

La notation de ce manuscrit bien que primitive est très aboutie, avec de très nombreuse lettres significatives. Nous pouvons constater aussi que le scribe note le climacus dans une forme primitive qui est habituellement en usage dans le Nord de la France dans les notations neumatiques française, ainsi que dans certaines sources de la notation "paléofranque" , et que l'on retrouve aussi parfois dans d'autre région de la France : Bourgogne, Val de Loire.

Autre curiosité au volio 33v le scribe note dessine une clivis à angle droit, cela n'est pas sans rappeler encore les notations française et en particulier du Nord et Nord Est...

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Replies to This Discussion

Jolie notation en effet. Toutefois dans les exemples que vous donnez il y a sans doute plusieurs signes différents : 6v (1re image), 16v et 41v rappellent non seulement des formes françaises assez fréquentes dans les notations les plus anciennes. On trouve aussi ce genre de climacus à descente liée dans de nombreux manuscrits du nord de l'Italie.

Je pense toutefois que les descentes verticales des f. 6v (2e image), 13r, 17r et 24v, et les deux dernières images du f. 41v ne correspondent pas à un climacus, ou en tout cas, sont une graphie différente des climacus précédents. Pour comprendre à quoi correspond cette graphie, il faudrait faire des comparaisons mélodiques. J'ai l'impression que dans cette graphie se trouve un neume d'ornement type oriscus. Et que cette graphie renvoie, comme la clivis carrée sur "aperto", à des graphies non françaises (lorraines ?). De même que le signe sur "aperto" (6v, 2e image), qui rappelle fortement la liquescence (cephalicus) des manuscrits de Sens (où la notation est française mais avec des influences lorraines). 

Selon Floros (et je partage), quilisma descendant. Présent aussi dans les notations mozarabes

Merci pour votre commentaire.

Je pense que ces descentes verticales a sa source dans la notation "paléofranque" de l'Ouest.

Malheureusement, on ne peut pas faire de comparaisons mélodique, car il n'existe rien de 'lisible" pour les vers de Boèces...


Christelle Cazaux-Kowalski said:

Jolie notation en effet.. 

Oui, le neume fait bien penser au quilisma descendant des notations ibériques (et, par ailleurs, byzantines ekphonétiques). En Espagne, en 1955 (mais encore en 1958 à Ibiza), on pouvait l'entendre, dans des récitations ou chants populaires, comme un port de voix tremblé descendant.

A ma connaissance, les premières traces de clivis à angle droit se trouvent dans la notation "paléofranque"

Christelle Cazaux-Kowalski said:

la clivis carrée sur "aperto", à des graphies non françaises (lorraines ?). 

Un bel exemple pour le climacus et la clivis à angle droit se trouve dans le verset Propter quod du Christus factus est, dans le grand Manuscrit de Laon, sur les mots illum (climacus), illi (clivis) et dans le mélisme du nomen final (climacus).

Attachments:

J'ai trouvé une mélange aussi dans les pages neumatisés dans la collection dédiée au culte de Saint Boèce (regardez Harley 3095, quelques collègues pensent que c'était écrit environ Cologne, entre formes de l'Île de France et sangalliennes dans les manuscripts carolingiens de la Missa greca). Il y a aussi une coquille excessive !

Je voudrais dire escargot, pas coquille, bien sur !

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