Musicologie Médiévale

Resources for medieval musicology and liturgy

Je recherche des informations sur le plain-chant celtique utilisé en Ecosse et peut-être en Armorique (Bretagne actuelle) du VIIème au XIIème siècle.
J'ai comme base les écrits de J. Viret dans son ouvrage numérique "le chant grégorien" ainsi que sur les restitutions faites par les musiciens Joël Hérrou et Violaine Mayor (chant celtique sacrée) à partir d'un manuscrit Ecossais du XIVème.
En particulier mes questions sur le plain-chant celtique se rapporte à:
-son origine
-son utilisation dans les pays celtiques (Ecosse, Irlande, Pays de Galle, Bretagne)
-sa notation originelle et suivante (au XIIIème siècle)
-son répertoire
-une fusion possible en Bretagne avec le chant gallican et plus tard romano-franc
Merci à ceux qui auraient des informations et des sources à ce sujet.
Extrait du document de J. Viret:
Un antiphonaire copié au XIVème siècle à l'abbaye écossaise contient des spécimens rares de plain-chant celtique, datant d'une période qui s'étend du VII au XIIIème siècle.


14. Les chants notés dans ce manuscrit, accessibles sur Internet 
(cf. encyclopédie Wikipédia, «Abbaye d'Inchcolm»), saint honoré Columba d'Iona, évangélisateur de l'Écosse. Voir aussi le site  http://henttelennbreizh.net/chant-celtique-sacré.htm

Les analogies entre mélodies grégoriennes et celtiques sont apparentes surtout en modes de ré et fa, ancêtres du mineur et du majeur. Une mélodie telle que le graduel Viderunt omnes pourrait être plus occidental qu'oriental.

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Replies to This Discussion

Bonjour,
Merci beaucoup pour ce référence. Est-ce que vous pourriez m'envoyer une copie en pdf, svp ?

Je livre ici une réponse faite sur la chaine youtube de Herrou-Mayor ou l'on peut entendre ce soit-disant plain-chant celtique. C'est Mickaël Herrou-Mayor qui répond à l'affirmation que j'ai faite précédemment en simplifiant les éléments de réponses que les un et les autres m'ont fournis sur le forum.

Je laisse les spécialistes répondre à son commentaire: https://www.youtube.com/watch?v=Rb8UpLsHtPw

L’antiphonaire d’Inchcolm, manuscrit écossais du 13ème siècle, contient, parmi des pièces similaires au répertoire européen de l’époque, des chants originaux possédant plusieurs caractéristiques celtiques distinctes, et constitue par là un pan unique et méconnu du plain chant européen.
Ces chants sont interprétés ici par des voix traditionnelles bretonnes, avec le timbre et le style local, comme pouvaient le faire les premiers moines celtiques dont la langue vernaculaire était soit le breton soit le gaélique. Il convient de préciser que le terme de « chant grégorien » désigne le chant d’église remanié et uniformisé au 19ème siècle sous l’impulsion de l’abbaye de Solesmes, à partir de la compilation de manuscrits anciens, mais sans la connaissance des techniques ni du style de ces répertoires multiples qui s’étaient transmis pendant des siècles par tradition orale.
Il faut savoir que jusqu’au 18ème siècle chaque cathédrale avait ses chantres, son répertoire et son style de chant, ancrés dans une tradition locale, autant de richesses dont le chant grégorien du 19ème siècle a fait table rase ne conservant qu’une ligne mélodique dépourvue d’ornementations et d’espaces d’improvisation.
Le plain chant européen du Moyen-Age plonge ses racines dans le chant gallican, d’origine celtique, remontant aux origines de la Gaule, et dans les apports des chants vieux romain, franc, wisigothique, etc… synthétisés et uniformisés par la réforme carolingienne au 9ème siècle. L’antiphonaire d’Inchcolm contient un répertoire en grande partie conforme à la liturgie européenne réglée, mais aussi des antiennes qui étaient un espace de liberté où les moines pouvaient exprimer leur tradition locale.
Certaines pièces de l’antiphonaire sont remarquables pour leur originalité faisant appel à des techniques de composition celtiques, phénomène unique dans l’histoire du plain-chant :
-Sur le plan musical : des mélodies qui s’étendent sur plus d’une octave, des échelles construites sur le cycle des quintes, caractéristiques de la harpe celtique ancienne à cordes de bronze (Salve Splendor, Sanctorum piissime…), l’emploi du mode de sol omniprésent dans la musique traditionnelle écossaise (O mira regis…). -
-Sur le plan des textes :
1) la forme : l’emploi de techniques de versification caractéristiques de la poésie celtique épique comme la rime interne, l’assonance et l’allitération, combinées à la rime finale issue du latin. Ces techniques étaient utilisées par les moines celtiques tant en gaélique qu’en latin.
2) le fond : les textes des antiennes font références à des événements et des personnages purement locaux propres à l’Ecosse et notamment à l’Ile de Iona où l’abbaye mère d’Inchcolm fut fondée par St Columba au 6ème siècle.
Tous ces éléments ont conduit certains musicologues à conclure que ces pièces du manuscrit avaient été composées par les successeurs de St Columba à Iona entre le 7ème et le 9ème siècle.
Je vous invite à consulter les ouvrages suivants :
-Les voix du plain chant de Marcel Pérès
-Scotland’s music, chapitre « The bell and the chant », de John Purser.


Je serai également heureux d'avoir le pdf de votre document. Merci d'avance!

Guido Milanese said:

Si je peux me permettre de le faire, je voudrais référer à un article que j'ai récemment écrit au sujet d'un missel irlandais qui, selon certains spécialistes, devrait comporter de la musique "celtique":

Milanese, G.: «Latin, Liturgy and Music in Early Mediaeval Ireland: From Columbanus to the Drummond Missal», in Bendelli, G. (ed.) Ireland's Cultural Empire: Contacts, Comparisons, Translations_, Newcastle upon Tyne 2018, p. 1-25

Si j'ai raison, un présumé Sanctus "celtique" est tout simplement le n. 18 du Graduale Romanum.

Thank you to Karin for mentioning me! And Ann has provided a thorough overview of where 'Celtic' chant studies are at the moment.

My PhD is focusing on Inchcolm, and part of this is its supposed 'Celticity'. Ultimately, as has been pointed out, the melodies are in fact borrowed from the wider Christian corpus of pre-existing material - it's a contrafacted office. Much of what has been said previously about the shape of the melodies and their supposed Celtic qualities require re-examination in light of this. Partly this was due to the lack of easy access to large quantities of melodies back in the late 1980s - so CANTUS etc has been a great help in showing just how connected the Inchcolm MS is to the wider world!  

What I'm especially interested in is the melodic variations that occur within this, which is where we might find something that we could claim as Scottish chant creation/alteration - but I'd blanch at calling 14th-century Scotland as 'Celtic'! I very much doubt that any ancient Celtic musical properties, if they ever existed and were somehow still being transmitted so far later, are present in the Inchcolm material. Rather these are contemporary alterations created in a milieu that was very definitely European and indebted to Sarum and Roman rites. 

(apologies, but my French is certainly not good enough to communicate this intelligently!)

Je crois que Andrew Bull a suffisamment répondu à la question. Dans la réponse de M. Herrou Mayor il y a du vrai, hélas mélangé à de grandes quantités de wishful thinking, le tout arrosé de simplifications historiques et ethniques.

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