Musicologie Médiévale

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Virga strata liquescente dans le répons "Gabriel angelus apparuit" dans la version de GregoFacsimil

Bonjour à tous, je me pose cette question : pourquoi la transcription de ce neume par LA-SI b, sans oriscus.

Hartker étant la référence des répons restitués dans GregoFacsimil, ne faudrait-il pas chanter, sur le mot EIUS  plutôt 3 notes, dont un oriscus sur la 2ème et la liquescence sur la 3ème ? 

Tags: restitution

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Plutôt que trois notes ( la liq est sans doute augmentative ) il faudrait employer un oriscus liquescent, en effet, et chanter l'ornement approprié

Nous avons dressé un tableau de témoins de la zone germanique.

Lien vers Cantusdatabase

Tableau 01

Tableau 02 :

Un certain nombre de manuscrits traite différemment "Ejus" et "JoANnes". Dans le premier cas, un oriscus en liquescence augmentative, dans le second cas, une liquescence étendue à deux notes.

Nous avons effectué, à "Ejus", la correction du pes liquescent en oriscus liquescent.

Le site Gregofacsimill a été mis à jour :

Juste une remarque sur la prosodie. Il me semble bien que la musique veut qu'on prononce Zacháriæ. D'autre part, les neumes sont bien nécessaires pour bien interpréter certains groupes, comme VoCAbitur, où il faut chanter : (ca-)G--A--baG  (bi-)ag   (tur)G

Et même: atTENde DOmiNE ad ME (avec le pes quassus sur NE)

Merci, Luca et Dominique, pour cet intéressant dialogue.

Concernant l'oriscus liquescent de EIUS, le tableau comparatif plaide effectivement pour 2 notes avec oriscus liq./augm.
Concernant la différence d'accentuation sur Zachariae propre à la fête de St Jean (merci de l'avoir signalé, car je n'y avais pas fait attention !), comment l'expliquer ? Ça ne peut pas être une erreur puisque les autres versions font pareil.
Une raison théologique? Ou en relation avec l'hébreu : l'accent est-il sur ZaCHAria dans cette langue ?

Je ne répondrai pas directement à cette question, mais l'impression que je tire de l'observation de l'Office de Saint jean-Baptiste est celui d'une joie exubérante, qui se manifeste aussi dans la modalité, où l'on observe que le compositeur grégorien semble "étouffer" dans le cadre hexacordal "classique", qu'il "déborde" fréquemment (RESP Elisabeth Zachariae, Descendit angelus Domini, Gabriel angelus apparuit, ou ANT Elisabeth Zachariae, Inter natos)

Je signale aussi la double accentuation possible de ElisaBETH et EliSAbeth

Je n'y connais rien en hébreu mais il me semble avoir vu quelque part que Zacharia est accentué sur CHA dans cette langue...  A vérifier.

Quand à Elisabeth, ça se dit Élischeva en hébreu (un prénom fréquemment donné aux filles juives en Alsace). Ne serait-ce pas la réunion de 3 mots : Eli (mon Dieu) Scheva (???) et Beth, de l'alphabet ? Ça pourrait peut-être expliquer une accentuation variable sur SA ou sur BETH ? 

Mais je ne suis absolument pas spécialiste de linguistique, ni antique ni moderne !!!

Bonjour,

Sans être non plus un hébraïsant chevronné, on peut tout de même dire ceci:

Outre le nom divin (EL) aisément reconnaissable, on trouve dans Élishéva (forme qu'on trouve en Ex 6, 23) la racine Shin-Béth-‘Ain qui signifie "jurer" (B se prononce V par spirantisation, mais c'est la même consonne). D'où l'idée de serment par dérivation. Le dictionnaire Sander-Trenel traduit ainsi: "dont le serment est Dieu". Noter que le syriaque utilise les mêmes consonnes pour transcrire ce nom tant dans l'AT que dans le NT. Mais, pour une raison que j'ignore, le grec des LXX puis celui du NT, suivi par le latin, transcrit ce nom avec un T final…

Etienne STOFFEL said:

…/… Quand à Elisabeth, ça se dit Élischeva en hébreu …/…

Le syriaque donne une consonne en plus, le 'ayn : Elišba' (il s'agit d'une laryngiale "douce", une sorte d'obstruction de la trachée. Le même son à la fin du nom de Jésus, Yešou'). Donc Aleph accompagné de la voyelle "e", lomad, yud accompagné de la voyelle "i", šin, beit (prononcé dur, car il suit une consonne) accompagné de la voyelle "a" et 'ayn tout seul. Le grec donne Ἐλισάβετ et Ζαχαρίας. L'inversion du B et du A explique la version Elisábeth, alors que Elisabéth (la version retenue par la plupart des pièces grégoriennes) retient l'accent sur la dernière syllabe (ici fermée par le 'ayn). Le "eth" final me semble une manière de rendre tant bien que mal le 'ayn.

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