chant en grec et en latin à Benevento

Bonjour. Voici une question davantage liturgique que musicologique :

Sait-on comment se chantaient les antiennes en latin et en grec dans la liturgie de Benevento ?

(exemples ci-dessous)

Etaient-ce des solistes qui alternaient l'antienne puis le verset, puis dans l'autre langue, ou les mêmes chantaient-ils les antiennes en choeur ?

Merci à qui aurait une réponse.

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  • Ça dépend, très près pour O quando in cruce (Egon Wellesz).

    Τὸν σταυρόν σου semble différent, mais c'est grace à sa fonction particulière durant la liturgie divine, parce que ce troparion est dévenu le substitut pour le trisagion durant la sainte semaine, pour cette raison il est dévenu très élaboré et les premiers manuscrits sont les asmatika du XIII siècle.

    Pour cela je conseille consulter les articles de Neil Moran (ici le nouveau où le même troparion servi comme exemple du mesos devteros).

    La modalité particulaire du troparion τὸν σταυρὸν σοῦ
    Dans le groupe « Meloi et leurs microtones » Neil Moran a discuté ce mélos particulier comme un exemple de Mesos tetartos en MI. En fait, il s’agît d…
  • je reviens à cette discussion avec une question complémentaire : trouve-t-on dans le chant byzantin des mélodies identiques (ou proches) à celles utilisées à Benevento pour le chant à la fois latin et grec ?

  • En postant cette discussion, je ne pensais pas que cela ouvrirait un débat aussi large ! Alors tant mieux.

    Merci beaucoup, en tous cas, pour toutes ces précisions, pour les avis et observations concernant aussi bien le texte que la manière de chanter, l'imagination, le métier et la compétence des chantres, etc. 

  • Je voudrais ajouter quelques observations autour du texte:

    Ici, il ne s'agît moins d'un sticheron que d'un troparion, parce qu'ils sont repétés pendant la psalmodie, selon quelques manuscrits dans une langue différent.

    En plus les textes sont compilés de l'ordinarium. Ce n'est rien d'autre que quelques passages pris de la 14e ode ( le "Gloria in excelsis" ou Δόξα ἐν ὑψίστοις), mais on a substitué le pronom σε par τὸν σταυρὸν σου.

    Peut-être une comparaison avec le Gloria greca dans les manuscrits aquitaines sera intéressante (ici, F-Pbn lat. 1118, fol. 67v, le même que j'ai usé pour ma reconstruction du cherouvikon latin):

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8432314k/f144.image

    Pour le Doxa dans les manuscrits latins, vous pourriez consulter la liste des sources par Michel Huglo, ici (p. 28-31):

    http://media.musicasacra.com/publications/pdf/gr_31.pdf

  • Cher Frédéric

    Je suis bien d'accord avec toi, la question d' exécution du sticheron n'est pas simple. Un soliste n'est pas toujours obligé de chanter la version simple, ça suffit suivre le modèle du chant.  Et bien, ce n'est pas nécessaire de noter toujours ces élaborations du mélos, dans le XI siècle, avant l'art psaltique et la méthode calophone, ce n'était pas la pratique commune. Une autre question concerne le métier et la compétence d'un chantre à Sainte Sophie en regard du métier d'un protopsalte byzantin (les manuscrits du chant font déjà une preuve et Ste Sophie était l'école de Désiré, Abbé réformateur à Montcassin et Pape Victor III).

    Nous tous avons besoin de parler et de faire nos travail d'imagination, non seulement les musiciens, même les historiens. Jusqu'au aujourd'hui il n'y a personne qui a répondu à la question, pourquoi la chapelle s'appelle Sainte Sophie, une dedication bien rare en Italie. Le Graduel 40 était écrit avant la réforme de Montcassin, mais après la période, quand Sainte Sophie était une chapelle privée.

    Rome et la papauté n'avaient pas de contrôle à cette région, c'était la raison et la motivation de ses réformes, mais on n'est pas réussi jusqu'au moment qu'on a décidé pour l'alliance avec les Normands et pas avec Byzance. Néanmoins, ce rite particulier du Vendredi Saint a continu, malgré de toutes les réformes (peut-être pas dans la forme bilingue).

  • C'est vraiment intéressant ! Merci Olivier. Je suis désolé de ne pas comprendre la langue allemande. Pardon Franz. Personnellement, je pars davantage d'expérience personnelle que de certitudes historiques. C'est pourquoi je comprends Olivier que tu parles d'imagination. Effectivement, il s'agit davantage de supposition que d'affirmation. Ce qui est certain, par contre,  c'est que du côté de Byzance le chant en chœur ou en soliste ne regarde pas d'abord le répertoire mais la compétence des chantres. De nombreuse pièces peuvent être chantées indifféremment par le chœur ou par un soliste. Mais le chœur doit  alors être d'une très grande qualité dans la réalisation. Parfois pour souligner une phrase importante il y aura une incise du chant d'un soliste dans une pièce interprétée par un chœur. 

  • En fait, c'est une question liturgique qui est centrale pour comprendre le rite locale à Bénévent du XI siècle.

    Dans le rite byzantin, les stichéra de l'exaltation de la Sainte-Croix sont même usé pour la Passion, mais cette relation sera plus une indication qu'elles avaient la fonction de l'antienne processionnelle. Il me semble le cas pour le graduel 40 comme livre de la chapelle (principale) Sainte Sophie à Bénévent qui était plus une baptistère qu'une cathédrale, plus tard le baptistère de la nouvelle cathédrale. Peut-être comme chapelle royale une imitation du rite constantinopolitaine était possible comme dans l'imagination de Frédéric, même en regard du Catépanat d'Italie. Vera von Falkenhausen m'a dit qu'il n'y avait pas une présence forte des grecques à Bénévent (bien sur à Bari, c'est différent), il s'agisse plus d'une population langobarde qui aimait s'identifier avec Byzance (il y avait aussi les catépanes langobardes).

    C'était peut-être beaucoup différent de Rome où on avait chanté le trisagion avec le stichos "Popule meus quid feci tibi" (au moins dans les manuscrits du XII siècles) et peut-être il existait l'usance entre la clergie grecque et latine de célébrer les Pâques ensemble dans la même semaine et la motivation de la célébration bilingue.

    Une autre différence marquante entre Rome et la Campanie et la Pouille,  c'est la messe avec le baptisme qu'on avait célébrée 24 heures en avance comme à Rome.

    Une exécution soliste ou du chœur? 

    Ça dépend. Dans la comparaison de Neil Moran qui m'a fait commencer avec ce groupe, il y a les réalisations solistiques et la version bénéventaine me semble plus ou moins simple. La majorité des antiennes bilingues bénéventaines ne sont pas connues dans le livre triodion, mais τὸν σταυρὸν σου on chante dans la liturgie des saints dons présanctifiés en place du trisagion, parfois chanté à la fin avec les mélismes comme dynamis .

    La modalité particulaire du troparion τὸν σταυρὸν σοῦ
    Dans le groupe « Meloi et leurs microtones » Neil Moran a discuté ce mélos particulier comme un exemple de Mesos tetartos en MI. En fait, il s’agît d…
  • Vielleicht gibt der beneventanische Liber Ordinarius, den Th. Kelly jüngst publiziert hat, darüber Auskunft.

    Die Grazer Choralschola hat ebenfalls die griechische Version solistisch und die lateinische Version chorisch dargestellt. Das fußt aber nicht auf Quellenstudien.


  • L'exécution des chants pouvait vraisemblablement se faire en soliste ou chœur comme dans le vieux chant byzantin. C'est, du reste ce qui a été fait dans le CD de l'Ensemble Organum consacré au Chant Bénéventin. Un petit exemple le ton stavron sou : http://youtu.be/f9zlop4e6tA

    Cordialement,

    Frédéric
    franco ackermans a dit :

    9126744897?profile=originalMigne 78, 955/956

    Ordo Romanus I

    In der Ostervigil lasen und sangen sie anscheinend beide Sprachen hintereinander.

  • 9126744897?profile=originalMigne 78, 955/956

    Ordo Romanus I

    In der Ostervigil lasen und sangen sie anscheinend beide Sprachen hintereinander.

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