Musicologie Médiévale

Resources for medieval musicology and liturgy

Bonjour,

serait-ce une hérésie de pratiquer ce que nous livre le Micrologus de Guido d'Arezzo pour "improviser" de l'organum dans le répertoire d'Hildegarde von Bingen?

Je ne sais pas si c'est un argument, mais tous deux étaient bénédictins.

Merci pour vos réponses.

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Les chants de Sainte Hildegarde de Bingen sont probablement inspirés.Il me semble donc délicat d'y ajouter quelque chose. L'argument qu'ils étaient tous deux bénédictins ne me semble pas suffisant: il faudrait VIVRE nous-mêmes comme Sainte Hildegarde et comme Guy d'Arezzo,et se rendre compte ENSUITE de ce que l'on a envie de faire,ou pas! Ce n'est que mon avis sur ce sujet,mais il peut s'étendre à tous le répertoire grégorien et polyphonique: comment chanterions-nous ces répertoires si l'on vivait une authentique vie religieuse?

En 1100, fallait-il demander une autorisation pour "organiser" sur des mélodies qui, finalement, n'étaient même pas liturgiques ? Ce me semble une forme de respect moderne pour la musique ancienne qui tourne au scrupule paralysant. A mon avis, les chanteurs ne se posaient pas souvent ce genre de question (et c'est peut-être pour ça que certains conciles trouvaient que les chantres en faisaient trop...), quitte à organiser entre eux si l'évêque ne voulait pas entendre ça à la messe.

Mais je serais heureux de prendre connaissance d'arguments précis là-dessus, dans un sens ou dans l'autre, notamment s'il existe des sources décrivant le chant réellement pratiqué par les cantus plutôt que celui décrété par les musicus ou les autorités religieuses.

Amicalement.

Un organum « à la Guido » me semble difficile à appliquer à ce répertoire, qui présente des structures mélodiques particulières. L'organum des IX-XI siècle est basé sur des structures de quarte, alors que les mélodies hildégardiennes adoptent désormais les nouvelles structures de quinte et quarte superposées.

D'autre part il semble que oui, il fallait une permission pour organiser, vu que les ordinaires souvent réglementent cette pratique, de manière semblable aux prescriptions qui par la suite s'appliqueront au jeu de l'orgue (Giulio Cattin a fait d'intéressants travaux là-dessus). Les mélodies de H. étaient d'ailleurs prévues pour la liturgie et étaient donc des chants liturgiques à tous les effets, même si leur diffusion demeurait on ne peut plus limitée.

Je ne peux que souscrire à ce que vient d'écrire Ricossa.

En tant que chanteuse compositrice et fan de la musique d'Hildegarde, j'ai envie de répondre à votre excellente question : Hildegarde était telle, qu'elle a créé d’elle même un nouveau corpus de chants liturgiques, ce qui suppose une liberté d'esprit incroyable vous en conviendrez. Et étant donné ce que l’on sait de son caractère, je crois qu'elle n'aurait pas hésiter une seconde à "polyphoniser" si elle l'avait senti. Ensuite, je dirai que votre terme d’hérésie (humoristique bien sûr), utilisé dans nos bouches contemporaines mériterait tout un développement… En tout cas j’ai hâte d’entendre une tentative d’organum sur du Hildegarde !

Catherine Braslavsky

il est certain qu'on organisait souvent, et H. étant à la tête de son monastère, elle pouvait faire ce qu'êlle voulait

Quant à savoir comment s'y prendre, c'est une toute autre question

Lorsqu'on regarde les exemples donnés par Guy d'Arezzo dans son Micrologus et que l'on écoute les chants d'Hildegarde,on voit mal en effet comment s'y prendre pour faire un organum.Il ne me semble pas y avoir suffisamment de cohérence entre les deux.Le chant d'Hildegarde se suffit à lui-même!

en effet, l'organum à la quarte inférieure n'a de sens qu'avec les répertoires anciens (même le "grégorien" a souvent été manipulé en faveur de la quinte), mais le répertoire "médiéval" ne s'y accomode point. D'ailleurs, à partir d'une certaine époque, on va faire autre chose, comme le déchant (surtout mais pas exclusivement avec les mélodies syllabiques) ou le nouvel organum tel qu'il se développe en Aquitaine d'abord et à Paris ensuite.

Cela dit, l'ancienne manière subsiste au niveau des simples églises, mais, encore une fois, avec le répertoire traditionnel (cf les exemples chez Gaffurio et Plousiadenos, à la fin du XVe et plus tard, au milieu du XVIIe, des survivances de déchant, notamment dans les Flandres)

Bonjour Nicolas !

Moi je pense que si Hildegard avait voulu composer de la polyphonie, elle l'aurait fait... et certainement pas dans le sens "académique" des théoriciens qui l'ont précédée. Elle aurait probablement été plus tentée par la grande liberté des nouveaux styles plus contemporains en train de s'élaborer en Aquitaine. Plus généralement, la polyphonie est quand même très éloignée des monastères féminins au XIIe siècle, bénédictins ou autres, et les rares exemples célèbres plus tardifs sont des exceptions notoires.

à lundi Nicolas 

Antoine

merci à tous pour vos réponses et les pistes à lire.

Mettons donc de côté les préceptes de Guido archaïques et inappropriés... Dans ma question, il ne s'agit pas de s'attacher aux volontés d'Hildegarde (ces chants n'ont de toutes façons pas été pensés pour nous...), je pense que les pratiquants d'organums improvisés ou déchants... devaient passer outre les intentions des auteurs du matériau musical de base utilisé, n'est-ce pas?

Mais du coup (si je reste un peu insistant...), quels outils et quelles sources pourrions-nous exploiter pour réaliser de la diaphonie en prenant pour base la musique d'Hildegarde?

J'ai l'impression que c'est un peu ambitieux et probablement très hasardeux...

Je n'ai pas encore eu le temps de lire ce que Luca a mis en liens...

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