Musicologie Médiévale

Resources for medieval musicology and liturgy

Dans un échange avec Dominique Gatté où il était question des variantes mélodiques de l'introit "Exaudi Domine...alleluia", il nous est apparu souhaitable de lancer sur ce forum une discussion par pièce. Je vous propose donc de commencer par cet "Exaudi" protéïforme.

Dominique a déjà trouvé plusieurs variantes qu'il a eu l'amabilité de me communiquer. S'il le veut bien bien, il pourrait rendre disponible ici les versions manuscrites numérisées qu'il a déjà en main.
Je crois que de procéder ainsi, pièce par pièce, pourrait être très intéressant.

JPN

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Pour E_Mh_Ms_0051

Madrid, Biblioteca de la Real Academia de la Historia, Ms 0051 (F.219), Graduale, Kyriale du XI-XII de San Millan de la Cogolla.
Référence graduel critique "MIL 1"

Monachus dit:
"Question : on se limite aux mss que vous proposez ou on peut en ajouter?"
Bien sûr que non, et il me semble que vous avez ce qu'il faut !
Je ne pense pas qu'il sois bon d'éviter tel tel discution.
Il faut que chaqun écoute les positions de l'autre.

Maintenant il faut travailler !
Voici encors deux autres sources
Attachments:
Voici un tableau comparatif des sources "neumatiques" de St Gallen.
Attachments:
On a tout ce qu'il nous faut: merci beaucoup Dominique!! Maintenant, au boulot!!

Première variante que je vous soumets: alle lú ia --> fa sol MI fa (do re si do).

GR: fa sol fa fa (dans quelques manuscrits "tardifs" on peut lire fa sol fa).

Concernant le rythme, le fa (note importante du point du vue modal) est souligné ("détaché" graphiquement) par les manuscrits adiastématiques les plus anciens (Chartres, Laon, Benevento et tous les manuscrits sangaliens). Note d'articulation qui permet de préparer l'accent du mot alléluia et également la cadence de la première phrase de la pièce. D'autres manuscrits présentent quatre notes "fluides" (ornement?) sur la syllabe accentuée, une autre version rythmique??

Qu'en pensez-vous de tout cela?
Dominique Gatté a dit :
Je trouve interessant de voir Auxerre 51


Surtout l'utilisation du bémol...
Oui c'était justement pour ça.
Dans Auxerre 51 il faut, me semble-t-il, remettre le sib dans le contexte de la classification de la pièce en 1er mode, donc une certaine théorisation (?).
Moi je vous avoue que j'aime bien celui-ci : F_CA_Ms_0061_(62)... Comme variante, je propose un ré sur le "cem" de "vocem" comme dans le ms précité et comme l'indiquerait le "lm" d'Einsiedeln: ansi on monte au mi-fa dans l'intonation, dans vocem meam on récite sur ré puis on redescend. A moins que ce "lm" ne corresponde au vocem chanté sur ré-do de I_Tn_F_IV_18. Auquel cas on aurait peut-être eu : vocem (ré do-ré liqu) meam (ré-mi-ré ré). Ce ne sont que des suppositions car il faut reconnaître que la majorité chante mi do sur vocem.
C'est un cas classique de Deuterus-Protus avec deuxième degré mobile (on en parle dans Gerbert, Scriptores ecclesiastici II 261b). Quand on parle de "mi-fa-sol" etc... dans ce contexte ça n'a pas trop de sens (à moins qu'on ne parle en termes de solmisation) vu que la pièce peut être notée à diverses hauteurs théoriques.
Si je me rapporte au GR Tr. , je me pose des questions sur la qualité des "fa" aigus (le sixième degré de cette pièce) qui sont parfois susceptibles d'être en réalité des # (= des si-naturels transposés). Je parle de tous les cas à partir de la troisième ligne. Celui qu'on a sur l'intonation me semble bien naturel (demi-ton) à cause de l'oriscus. On comparera avec le Beatus Servus de la page 491.
Le système modal est ici bien un tricorde majeur (sol-la-si ou ut-re-mi ou fa-sol-la, peu importe) avec note de base une tierce plus bas (selon les cas : mi la ou re), note principale en haut du tricorde et repos en bas du tricorde. La "finale" n'a pour finir pas une si grande importance. Cette structure correspond à ce qu'était le deuterus ancien, bien que Einsiedeln ici donne une psalmodie de protus (pour d'autres pièces semblables, il donne celle du deuterus).
Je n'aurai pas d'accès internet pour les 4 prochains jours. Je lirai avec plaisir vos commentaires à mon retour. À bientôt.
J'ajoute quelques dernières remarques :

Les variantes d'un manuscrit à l'autre sont essentiellement de deux ordres. Il y a d'abord celles qui sont déterminées par la difficulté d'écrire un mi-bémol (si on considère la pièce comme étant en premier mode) que le système théorique interdit. Là on a divers choix : certains transposent seulement le premier mot (Exaudi), d'autres la pièce toute entière. Le choix de Bénévent est intéressant : il ne transpose pas et écrit visiblement un mi bémol sous-entendu.
D'autres variantes en revanche sont purement mélodiques, tels la tierce ou la quarte sur CLA de Clamavi (voire autre chose, comme semble le suggérer le "superius" de Einsiedeln) et les tierces à la place du demi-ton sur les notes aigües de Vultum 1 et de l'Alleluia final.

Au point de vue rythmique, tout le morceau appartient au genre des "prosaici cantus" (style syntomon argon) et il serait donc vain d'y chercher des structures régulières, toutefois le dernier alleluia (formule typique pour les introïts du 1 mode) présente bien une telle structure régulière sur la syllabe LE :
AL LE . . / . . / . . Luia
The levate mediocriter to the virga on vo-cem has the following meaning: don't go too high (to the fa) The later german manuscripts like Graz 807 and Trier 1 have fa on Do-MI-NE VO-cem.

A note re on -cem is not according to the oldest manuscripts. Both Chartres and Laon proceed with the following torculus higher than the note on -cem.



Monachus a dit :
Dans Auxerre 51 il faut, me semble-t-il, remettre le sib dans le contexte de la classification de la pièce en 1er mode, donc une certaine théorisation (?).
Moi je vous avoue que j'aime bien celui-ci : F_CA_Ms_0061_(62)... Comme variante, je propose un ré sur le "cem" de "vocem" comme dans le ms précité et comme l'indiquerait le "lm" d'Einsiedeln: ansi on monte au mi-fa dans l'intonation, dans vocem meam on récite sur ré puis on redescend. A moins que ce "lm" ne corresponde au vocem chanté sur ré-do de I_Tn_F_IV_18. Auquel cas on aurait peut-être eu : vocem (ré do-ré liqu) meam (ré-mi-ré ré). Ce ne sont que des suppositions car il faut reconnaître que la majorité chante mi do sur vocem.

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