Musicologie Médiévale

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Bonjour à tous...
Comment fonde-t-on que l'Offertoire "Elegerunt" est gallican?
Une idée?

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Please forgive me for answering in English (I could write in bad French if I were not in such a hurry...).

I think the argument that Elegerunt is Gallican originates with Gastoué (see Huglo's article "Altgallikanische Liturgie."). It is definitely not a chant of Roman origin. It's not in the Old Roman manuscripts, or in the five earliest of the
manuscripts compiled in Hesbert's Antiphonale missarum sextuplex. It appears for the first time in the latest of these MSS, the ninth-century Senlis MS. So the question is whether it's an old pre-Carolingian ("Gallican") chant or a newly composed Frankish chant.

There are several factors that suggest a pre-Carolingian origin. One, as Kenneth Levy argued (in "Toledo, Rome, and the Legacy of Gaul"), there is an Old Hispanic version of Elegerunt, and a pre-Carolingian chant is more likely to find its way into the Old Hispanic repertory than a new Carolingian chant would be. Also, I'd add the fact that it's text is based on an Old Latin version of Acts rather than the Vulgate (this was shown in a article by Petrus Pietschmann published in the 1930's). By the Carolingian period, the Vulgate was used as a liturgical text, and it's very likely that new chants would be based on it. Also, unlike chants of the core Roman-Frankish repertory, Elegerunt has wildly variant transmission, melodically and textually. (Both Levy and Ruth Steiner have written about this). This does not necessarily mean it's Gallican, but it does distinguish it from the mainstream Gregorian repertory.

I hope this helps!
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This does not necessarily mean it's Gallican, but it does distinguish it from the mainstream Gregorian repertory.
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exactement. Il y a une fâcheuse tendence à définir «gallican» tout ce qui n'est pas romain, y compris le rit et chant ambrosiens.
Il faudrait d'abord nous montrer un rig Gallican. Pour ce que j'en sais, ce qui est le plus proche à l'idée qu'on s'en fait, c'est l'usage Hispanique. Les quelques sacrementaires gallicans nous montrent des liturgies disparates, souvent fortement contaminées par les usages romains.
Quant à l'ambrosien, je rejette personnellement l'hypothèse de Mgr Duchesne selon laquelle il s'agirait d'un rit gallican romanisé, car ses caractéristiques romaines sont plutôt de type archaïque (cf. la place du Pater et de la Fraction qui témoignent d'une version du rit romain précédent le VIIe siècle)
Dom Guilmard me souffle à l'oreille que
" l'origine pourrait en être la ville de Metz dont la cathédrale est dédiée à Saint Etienne, et où le 9 septembre 969 eut lieu le sacre de Louis II..... Or , la date du 9 septembre est typiquement messine, et c'est précisément celle que donne le manuscrit Senlis de l'AMS du Sextuplex, lorsqu'il donne l'offertoire Elegerunt (et aucune autre pièce) pour l'Offitium de saint Etienne" (sic). Je note aussi qu'Etienne de Liège, l'auteur de l'office de saint Etienne, de l'office de la Trinité, et de celui de saint Lambert (de Liège) était un clerc messin avant de devenir évêque de Liège".
Voilà matière à réflexion.
Dominique Crochu a dit :
Dom Guilmard me souffle à l'oreille que
" l'origine pourrait en être la ville de Metz dont la cathédrale est dédiée à Saint Etienne, et où le 9 septembre 969 eut lieu le sacre de Louis II.....

Dans ce cas, ce serait bien une composition franque
What do you think about, Rebecca?
I completely agree with Luca Ricossa that the tendency in chant scholarship to use the term "Gallican" to refer to anything pre-Carolingian and non-Roman is unfortunate. I try to just say "pre-Carolingian" instead. And yes, there was certainly no single "Gallican" liturgy (as Huglo noted a long time ago).

Dom Guilmard's remarks on a possible Messine origin and association with Stephen of Liège are interesting, and I would like to know more about it. I doubt we will ever have certain answer to where Elegerunt originated. I'm not completely committed to the idea that Elegerunt is pre-Carolingian, but I can see some possible arguments against an origin as late as Stephen of Liège (before 901, when he became Bishop, and was a canon of Metz). One is the fact that Elegerunt appears in Beneventan MSS (in a unique version). Most scholars think that Gregorian chant arrived in Benevento long before the late 9th century. It had almost certainly arrived there by 838, since the feast of St. Bartholomew uses Gregorian melodies. (This is a point of disagreement, though. The date for St Bartholomew's propers is contested by Bielitz, who places them later. Levy thinks Gregorian chant arrived much earlier, with a neumed archetype. See Kelly, The Beneventan chant, pp. 11-13 and 28, and Pfisterer, Cantilena romana, pp. 77-85).

I tend to accept the theory that Gregorian chant had arrived in Benevento by 838, and the fact that there are many archaisms in the Beneventan liturgy suggests that there was not a later, large-scale transmission.of Gregorian chant (Hesbert discusses this, as does Kelly). I think if Elegerunt originated in the late 9th century, it would be hard to explain its presence in Benevento and also in the Old Hispanic liturgy. I don't think it's absolutely impossible that a chant composed in Metz in the late 9th century would end up all over Europe (including Benevento and Iberia) in different versions, but the more likely explanation is that it's an older chant.

That's no proof, though, just a theory.
Merci beaucoup, Rébecca!
Merci, Rebecca. Je pense aussi qu'il est ancien, mais peut-être pas très ancien. Il pourrait provenir du monde franc du VIIIe siècle, tout comme le magnifique Collegerunt, dans lequel certains ont remarqué des traces de polémiques entre chantres francs et romains. L'usage d'une version de la Bible qui n'est pas celle de la Vulgate n'est pas exceptionnel. La Vulgate met un certain temps à s'imposer (Ben. 21 par exemple a encore le psautier romain, et à Venise on s'en est servi jusqu'au XVIe siècle).
Il faudrait maintenant approfondir les liens avec HISP, qui ne concernent pas que les offertoires, mais aussi certains répons de l'office et d'autres chants (comme les introïts jumeaux Sitientes et Dominus dixit ad me, les deux dans le ton moyen du tritus=protus pl. mesos)
Je transmets encore une fois Dom Guilmard:
Je vois que Mme Rebecca développe son raisonnement sur l'idée qu'Etienne de Liège serait l'auteur de l'offertoire Elegerunt. J'y ai fait allusion, mais je me suis gardé de l'exprimer, car la prudence est de mise, même pour les hypothèses. En fait, d'après la chronologie, Etienne de Liège en 869 pouvait être en état de composer. On le fait naître vers 850, cela signifie qu'il arrivait à l'âge adulte en 869.
Je n'ai pas lu ni compris en détail l'explication anglaise de Rebecca sur Bénévent, mais pour qu'une pièce se diffuse universellement, il faut qu'elle soit primitive. Mais il y a d'autres possibilités: si par exemple, elle est proche de la référence principale (Metz), ou liée à une fête imposée par l'Eglise (la Toussaint) ou par la renommée, ou devenue célèbre (saint Nicolas).
Si Elegerunt a été créé à Metz, c'est déjà une raison qu'elle soit connue. Si elle l'a été à l'occasion du sacre, par Hincmar de Reims, un des plus grands prélats de l'époque, du roi de Lotharingie, c'est une autre raison.
La diffusion généralisée de l'offertoire Elegerunt n'est pas un cas unique (quoique peu fréquent).
Certains agents de diffusion ne nous sont pas connus. Le fait que cet offertoire soit une pièce pré-carolingienne n'explique nullement sa présence à Bénévent.
Qui l'y a fait parvenir?, sinon des intermédiaires venus de Gaule. La question n'est pas tant celle de savoir qui sont ces intermédiaires que de savoir pourquoi cette pièce (somme toute isolée) s'est imposée partout, alors qu'on aurait imaginé que tout un pan du répertoire pré-gallican aurait réapparu au 9e siècle.
il y a des pièces bien plus tardives qui s'imposent partout, telles les plus célèbres séquences de Notker ou certains tropes à diffusion universelle. Mais la date de 969 pour cet offertoire me semble bien trop tardive.
Bénévent présente une situation très complexe. Si les graduels (ceux du moins qu'on connaît à travers les publications accessibles) sont proches d'une version grégorienne plutôt germanique (ou franque-orientale), l'antiphonaire 21 est, lui, très proche des sources françaises (St Denis, Mt Renaut), mais ses differentiae psalmodiques sont en général celles de St Gall !
Quand vous dites «tout un pan du répertoire pré-gallican» vous vouliez dire «pré-carolingien», n'est-ce pas ?
Et encore : pour avoir certains répertoires d'un certain type, n'a-t-on besoin aussi d'une schola cantorum ? Y avait-il une schola cantorum dans les principales églises de la Francie orientale et occidentale avant le milieu du VIIIe siècle ? Les scholae carolingiennes n'ont-elles pas été constituées sur le modèle romain ?
Que de questions !
Je ne sais pas si on avait des scholae cantorum avant le VIIIe siècle, mais on avait des choeurs alternés ou du moins des choeurs qui se répondaient (sic) dès le 6e-7e siècle, n'en déplaise à Philippe Bernard.... Sur ce point je suis Michel Huglo sans réserve, non parce que c'est lui mais à cause des textes.

Ricossa a dit :
il y a des pièces bien plus tardives qui s'imposent partout, telles les plus célèbres séquences de Notker ou certains tropes à diffusion universelle. Mais la date de 969 pour cet offertoire me semble bien trop tardive.
Bénévent présente une situation très complexe. Si les graduels (ceux du moins qu'on connaît à travers les publications accessibles) sont proches d'une version grégorienne plutôt germanique (ou franque-orientale), l'antiphonaire 21 est, lui, très proche des sources françaises (St Denis, Mt Renaut), mais ses differentiae psalmodiques sont en général celles de St Gall !
Quand vous dites «tout un pan du répertoire pré-gallican» vous vouliez dire «pré-carolingien», n'est-ce pas ?
Et encore : pour avoir certains répertoires d'un certain type, n'a-t-on besoin aussi d'une schola cantorum ? Y avait-il une schola cantorum dans les principales églises de la Francie orientale et occidentale avant le milieu du VIIIe siècle ? Les scholae carolingiennes n'ont-elles pas été constituées sur le modèle romain ?
Que de questions !
Martin Morard a dit :
Je ne sais pas si on avait des scholae cantorum avant le VIIIe siècle

Charles Pietri dans sa thèse "Roma Christiana" nous parle d'"une sorte de shola cantorum" au martyrium de la Via Appia (IVème. S.).

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